Contrairement à ce qu’une interprétation hâtive pourrait laisser croire, l’approche humaniste est une approche éminemment exigeante.
Exigeante en premier lieu pour celui ou celle qui la met en pratique. Carl Rogers*, à l’origine de l’Approche Centrée sur la Personne, a identifié trois attitudes nécessaires et suffisantes à l’établissement d’un climat favorable aux relations humaines, à leur épanouissement et leur développement :

Si ces trois attitudes semblent simples à comprendre, elles exigent présence et attention à soi-même et à l’autre dans leur mise en pratique conjointe.
Par ailleurs, et c’est une excellente nouvelle, elles ne s’appuient sur aucune technique, aucune recette miracle, aucun procédé. L’approche humaniste s’oppose radicalement à une quelconque standardisation de manières d’être ou de faire ; elle ne vise aucun idéal de personnalité ou de relations humaines. Au contraire, elle tient à offrir l’espace nécessaire et suffisant permettant aux personnes et aux relations de se déployer, de s’animer, d’être vivantes, prenant un chemin non défini par avance.
Offrir un tel espace implique une profonde ouverture à l’altérité/à la différence : en laissant les singularités s’exprimer, nous devons nous attendre à être confrontés à la complexité liée à nos divergences d’opinions, de cultures, de personnalités. C’est ainsi que l’approche humaniste exige ouverture d’esprit, tempérance, humilité, prudence… Des vertus favorables au développement d’une éthique relationnelle, colonne vertébrale de la pratique humaniste.
S’inscrire dans cette approche humaniste c’est aussi se relier à notre condition humaine, à la fois épatante d’inventivité et de résilience, mais aussi limitée et vulnérable. C’est accepter notre étroitesse d’esprit, notre finitude, nos contraintes et fragilités physiques. C’est sortir de l’illusion de toute-puissance qui nous pousse à repousser nos limites jusqu’à nous rendre malades, inconscients. L’approche humaniste exige notre lucidité et notre discernement quant à nos possibles et nos impossibles.
Dans l’entreprise, l’approche humaniste est d’autant plus exigeante qu’elle n’est pas naturelle. Nous sommes davantage habitués à aborder le monde du travail par une approche économique, financière ou encore gestionnaire, quelques fois sociale.
Parler d’approche humaniste en entreprise est bien souvent interprétée comme quelque chose d’illusoire, de puérile, de mignon mais d’irréaliste… comme si le fait de s’intéresser à la personne humaine au travail détournait l’entreprise de son but premier : produire et engendrer des profits, à minima, rester sur pieds.
Or, d’une part, rien indique que l’intérêt pour le développement de l’être humain au travail contrecarre ce but légitime et important ; je fais même l’hypothèse inverse. D’autre part, au-delà de ses objectifs économiques et financiers, l’entreprise est un lieu de socialisation et de réalisation personnelle ; elle est ce terrain fertile aux relations sociales, au développement d’un sentiment d’appartenance et d’utilité sociale. En cela, l’intérêt pour le développement de la personne et des relations humaines participe à la santé sociale de l’entreprise et relève de sa responsabilité sociétale.
Je porte ainsi la conviction que l’approche humaniste doit tenir une place centrale dans nos entreprises au bénéfice de la santé de tout un chacun, de la qualité de vie au travail et de la capacité de ses acteurs à trouver des solutions, ensemble, face aux grands défis contemporains (écologiques, numériques, économiques, sociaux et financiers). S’intéresser au développement des personnes et des relations au travail c’est favoriser la capacité de chacun.e à être acteur dans un monde qui se transforme.
L’approche humaniste est une approche exigeante pour les entreprises. Elle implique pour les différentes parties prenantes de l’entreprise (direction, managers, employés, IRP) de :
Loin d’une vision édulcorée et simpliste, l’approche humaniste est exigeante car elle nous demande de contacter en nous-même lucidité, présence, sincérité, humilité, courage pour tendre vers des cadres de travail vivants et respectueux du vivant.
★ Et j'ai avons le plaisir de vous accompagner sur ce chemin, avec patience et détermination.
*Carl Rogers, psychothérapeute américain du 20ème siècle, a initié le courant de la psychologie humaniste avec d'autres (A.Malsow, E.Berne, F.Perls, A.Lowen...) et a créé l'Approche Centrée sur la Personne applicable à la pratique de la psychothérapie, la pédagogie et toute forme de relation d'aide.
Aurélie Marloie